Évidence

Bien que nous croyions souvent que ce n’est pas le cas, nous ne pouvons absolument pas ne pas être la Source Elle-même. Il n’y a pas dans l’Univers la moindre particule qui ne soit pas une partie de la Source. Chaque entité ou forme d’énergie, de la plus dense à la plus subtile en est une expression. Chaque partie de nous, de la plus sombre à la plus lumineuse également. Nos instincts les plus grégaires ainsi que nos intuitions les plus spirituelles, de même.

Alors que par un mouvement de croyance collective (venue de la Source aussi) nous avons la très nette impression d’être des individus indépendants, jouissant d’une certaine forme de maîtrise dans nos vies, dans le fond, il n’en est rien. Chaque pensée, chaque sentiment, chaque désir, chaque action, ne sont pas les nôtres, mais ceux de la Source. Il n’y a que la Source, incarnée dans tout ce qui est, dans tout les règnes matériels, aussi bien que dans tous les mondes invisibles.

La Source joue à se faire croire à Elle-même, pendant un temps, qu’en temps qu’être humain, elle est séparée, indépendante et oubliée de Dieu (c’est-à-dire d’Elle-même dans le fond). Subissant lamentablement un sort funeste et absurde, entre souffrance et illusion de grandeur… Et bien oui, elle joue à cette humanité qui cherche autant à se détruire qu’à se sauver elle-même, alternant entre guerre et paix, génie et barbarie, bien et mal, etc. Ces polarités, dans leurs échanges dynamiques et cycliques, fondent le scénario la grande « Divine comédie », dans laquelle nous sommes à la fois tous spectateurs et acteurs. Chacun jouant un rôle à la perfection, mais le plus souvent en se prenant au sérieux (et donc de souffrir inlassablement), tant que la vérité de la Conscience n’a pas encore émergée de l’intérieur.

Tant que ce « réveil » n’a pas eu lieu, alors nous souffrons d’être ce que nous sommes, ou de ne pas être ce que nous voudrions. Et au lieu de ne plus se faire prendre au jeu, nous résistons dans notre illusion de séparation, croyant que nous sommes les seuls responsables de tout ce bazar ! Il n’en est rien. La Source est la seule à gérer tout ça, la Vie, l’Univers, chaque plante, chaque personne, etc. Elle est donc la seule à souffrir toute la souffrance qui a cours chez tout le monde, de même que toute la joie, tout le doute, toute la folie, toute la gloire, toute la tristesse, tout le plaisir, etc. Elle contrôle également l’évolution de chaque individu, dans son rythme et sa progression, la mesure de son intelligence et de sa santé. Elle choisit également les événements qui nous arrivent, « bons » ou « mauvais », les « coups du sort » aussi bien que les « bonnes fortunes ». Donc, dans tout ça, notre libre-arbitre fond littéralement, passant de « peau de chagrin » à « que dalle ». La Source, et Elle seule, choisit tout, Elle se choisit tout, en permanence. Bien sûr, nous avons bien l’impression de faire des choix, mais comme tout est Conscience, tout est la Source, alors en fait c’est bien Elle qui choisit et non pas notre illusoire « moi ». Il n’y a pas d’un côté l’intelligence de l’Univers, et de l’autre notre intelligence personnelle, non, il n’y a que Son Intelligence. La vôtre n’est pas la vôtre, mais juste une partie de la Sienne. Donc il n’y a pas Elle et « moi », il n’y à qu’Elle.

Ce « moi », celui qui croit être l’acteur de sa vie, n’existe tout simplement pas. Il est comme une idée, une notion, changée en impression, extrêmement tenace et quasi impénétrable. Comme une paire de lunette que l’on aurait oublié avoir devant les yeux. Et c’est là son plus grand tour, l’invisibilité. Mais si ces lunettes tombent, ne serait-ce que quelques instants, alors la vérité nous est révélée, dans sa lumineuse évidence : tu n’es pas toi, tu es Moi, Cela, la Source, la Conscience, Dieu, etc. Et plus précisément encore, Elle est toi, mais tu n’es pas Elle, car tu n’existes pas, seule Elle existe.

Comment, moi, être Cela ! Impossible, je suis bien trop mesquin, peureux et avide pour pouvoir même ne rêver qu’un seul instant que je puisse ne serait-ce que Le contacter, ou Le voir, et encore de loin…! Et bien voilà un bel effet de notre pensée, qui a idéalisé la Source, et l’a relégué au domaine du pur, du spirituel, du sain, de l’inaccessible, etc. Et qui a idéalisé l’humain comme étant impur, vil, indécrottable, déchu, etc.
Il n’en est rien. Tout est Cela, tel quel. Pas seulement une partie de nous ou de la création, mais tous, toutes, toutes nos parties, ainsi que les recoins les plus sombres de tous les Univers.

Il n’en reste pas moins que la Source, dans son aspect inconditionnée, sans forme, est comme un espace de paix permanente et inaliénable. Certes.
Mais une paix au-delà de tout jugement, au delà du bien et du mal, non créée, absolue. Celle-là même que nous portons en nous, en amont de toutes nos histoires et délires d’humains.

Bref, la Source a deux aspects, l’absolu et le relatif, l’inconditionnée et le conditionné. Il ne sont qu’un en vérité, car la Source ne souffre pas de séparation entre son esprit et son corps. Pas plus qu’elle n’en place un au-dessus de l’autre. Donc ni matérialisme, ni spiritualisme. Notre illusion de séparation nous fait croire que ces deux aspects son bien éloignés l’un de l’autre, ou qu’ils sont inconciliables ou même opposés. En réalité ils sont complètement l’un dans l’autre et l’autre dans l’un, qu’en définitive l’un c’est l’autre, et l’autre c’est l’un. Cette indistinction ramène à terme toute conception dualiste à néant, pour ne laisser que le seul fait de l’unicité.

Lorsque la Source, en tant qu’un être humain, décide de se réveiller, alors Elle peut de nouveau voir la vérité et comprendre qu’Elle est tout ce qui est, tel quel, et pas un humain isolé devant lutter pour sa survie dans un monde hostile (ou un humain isolé qui croit être le génie créateur de sa belle réussite). Comme il n’y a qu’Elle, il ne peut exister le moindre ennemi ou le moindre mal en son sein. En apparence oui, mais dans le fond, non. (Toutes les apparences sont soumises à la naissance, au changement et à la mort, mais la Source, Elle, ne née, ni ne change, ni ne meurt. En apparence oui, mais dans le fond, non). Donc cet humain peut se détendre, et laisser la Source lui faire vivre tout ce qu’elle a à vivre dans ce rôle-là, que ce soit glorieux ou tout à fait glauque, ou les deux. Il aura compris en fait que lui ne vit rien, mais que c’est Elle qui le vit lui, et que c’est Elle qui fait et expérimente tout, dans sa merveilleuse et mystérieuse auto-création perpétuelle.